• Margaux Lienard

Les Arguèdènes

Mis à jour : 26 juin 2019


Gery Dumoulin, joueur d'arguèdènes

Voilà une piste très intéressante ! Je suis tombée un peu par hasard dans un livre prêté par Michel Lebreton "Traditions musicales en Belgique", sur un article de Géry Dumoulin parlant des Arguèdènes.


"Dans le village de Sivry ([commune belge voisine de Sorle-le-Chateau]), cette pratique musicale mixant le monde des fanfares et celui des musiques traditionnelles, reste vivante. Elle trouve ses racines à la fois dans l’émergence des harmonies et fanfares locales au XIXe siècle et dans la lignée, plus ancienne, des musiques de contredanses véhiculées par des ensembles aux effectifs divers. Ces arguèdènes appartiennent au patrimoine villageois et en constituent l’une des identités."


Cette tradition instrumentale est très intéressante car basée sur la transmission orale avec une certaine part de liberté.

"En règle générale, ces airs sont joués de manière informelle, en petit groupe, souvent autour d’un verre dans un café. De manière typique, un ou plusieurs instrumentistes jouent la mélodie, tandis que d’autres improvisent un accompagnement se déclinant entre voix intermédiaires, contre-chant et basse. "

Lire l'article ici


J'ai donc pris contact avec Géry Dumoulin, conservateur au Musée de la musique à Bruxelles, qui m'a reçu dans la maison familiale à Sivry, ce samedi 15 juin.


Il m'a apporté plein de documents, notamment un carnet du musicien Léger Hottelet, trombone solo au 8e de ligne à Saint-Omer, originaire de Bousignies-par-Cousorle (Bousignies-sur-roc). Il a rempli deux carnets et recopié chaque partie (Trombone, piston, bugle, basse et baryton). Beaucoup de morceaux semblent recopiés de l'Aurore Boréale(1), éditions Belge de carnets de musique libre de droit pour ensemble, mais l'un des morceaux a été repéré par Gery comme peut-être local, une varsovienne nommée "Canari" qui serait le nom d'un lieu-dit dans le coin..



(1) "Parmi les arguèdènes jouées aujourd’hui encore, certaines se retrouvent dans les albums de L’Aurore boréale, édités par Jules Verhoeven, à Anderlecht, d’avant la Première Guerre mondiale à la seconde moitié du XXe siècle. Ces albums largement diffusés, comprenant des sélections de danses sans droits d’auteur, étaient publiés sous forme de carnets imprimés, dont le petit format permettait leur pose sur les lyres des instruments ou sur les tables de salon ou de café. Leur instrumentation pour harmonie, fanfare ou petit orchestre de danse, ainsi que l’absence de droits d’auteur en facilitaient l’utilisation lors des bals, aubades et autres manifestations auxquelles se livraient les sociétés musicales. Une danse de L’Aurore boréale n’est pas à strictement parler une arguèdène ; l’aspect « improvisé » et l’originalité en sont absents. Pourtant, la frontière entre les deux types de danses est ténue. Si une arguèdène pouvait avoir son propre parcours avant de se voir éditée dans L’Aurore boréale, souvent, des danses d’abord publiées étaient ensuite adoptées par les musiciens, adaptées ou non, et jouées sous forme d’arguèdènes. D’autres éditeurs belges et étrangers ont exploité le marché de la musique de danse pour harmonie, fanfare et ensembles divers, comme J. Polfliet (« Le Réveil artistique »), Joseph Buyst, Ray. De Soutter à Pecq-lez-Tournai (« Répertoire moderne de danses »), A. Boland (« Les Trésors de la danse »), etc. " G. Dumoulin.



Les Arguèdènes sont encore jouées aujourd'hui à Sivry grâce à quelques musiciens qui perpétuent la tradition, notamment en organisant un concours d'arguèdènes qui attirent les musiciens d'autres communes alentours.


J'ai finalement osé demander à Géry de me jouer une arguèdène, et ouf, il a accepté !





L'"Aurore Boréale" est l'une des premières choses dont m'a parlé mon père (directeur de l'école de musique d'Aulnoye-Aymeries et de Ferrière) quand je lui ai parlé de mon projet de recherche. Ces carnets étaient très répandus par ici. Cette tradition de composer des airs du même style et de les jouer d'oreille existait-elle par ici?


Je rencontre cette semaine Madame Hiernaux, fille d'un ancien trompettiste de Dourlers. Elle m'a dit détenir une cassette de son père jouant, souvent avant les banquets de Ste Cécile et dans les cafés, des airs qu'ils apprenaient d'oreille. Elle déplorait que cette tradition se soit perdue chez les jeunes.. À suivre donc !






64 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

© 2019 by Margaux Liénard.

Suivez l'avancée des recherches, inscrivez-vous!
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now